Ces petits créateurs et leur vie de rêve.

Je voudrais te raconter l’histoire de Fabrice :

Fabrice est prof de banjo depuis 20 ans.

Adolescent, il s’est pris de passion pour cet instrument pour le moins original, et a décidé d’en faire son métier : il gagne sa vie en transmettant au monde sa passion et son expertise acquise avec les années.

Au début, il donnait ses cours au gens de sa ville dans une petite salle qu’il louait pas loin de chez lui. Et puis le web est apparu, et Fabrice y a vu une opportunité.

Il a d’abord créé un blog, sur lequel il partageait ses meilleurs conseils et ses techniques. Puis Youtube a débarqué, et il a commencé à prodiguer ses enseignements en vidéo.

Peu à peu il a développé une communauté de quelques centaines de passionnés de banjo comme lui qui trouvaient énormément de valeur dans ses vidéos et ses articles. Il s’est alors dit qu’il pourrait aller plus loin en proposant des cours en ligne payants pour ceux qui souhaiteraient vraiment s’engager dans l’apprentissage de son instrument fétiche.

En 2010, il lance une formule à abonnement toute simple : les inscrits reçoivent un nouveau cours avancé chaque semaine, et ont accès à un groupe privé de partage. Pour ça ils payent 100€ / mois.

10 ans plus tard ? Fabrice a 190 inscrits sur sa formule à abonnement.

En parallèle, il sort régulièrement de nouvelles formations sur des problématiques bien spécifiques. Et il accompagne personnellement 10 personnes qui souhaitent acquérir un niveau professionnel, et qui le payent chacune 500€ / mois.

En 2019, Fabrice a fait 380 000€ de chiffre d’affaire.
Après impôts (Fabrice souhaite vivre en France) et paiement de ses charges, il obtient un bénéfice net de 170 000€, soit approximativement 15 000€ par mois.

Fabrice vient d’une famille de classe moyenne, où la norme est de gagner 1500€ par mois, et de travailler souvent dur pour ça. Jamais il n’aurait pu imaginer gagner 10 fois plus en ne travaillant que 4 à 5h par jour, et surtout en faisant ce qu’il aime.

Aujourd’hui Fabrice vit sa vie de rêve. Il se fiche bien des voitures et des montres de luxe, mais il s’est fait construire une superbe maison à flanc de montagne avec une vue à tomber par terre, où il vit avec sa femme et ses deux enfants.

Il a aussi acheté une seconde maison dans le même village que lui pour ses parents, qui y passent leur retraite paisiblement.

Maintenant, si toi tu ne t’intéresses pas au banjo (ce qui est certain à 99%) ?

Tu n’as jamais entendu parler de Fabrice. Et tu n’en entendras jamais parler. Ses vidéos ne te seront jamais recommandées sur Youtube. Il n’a que 8000 abonnés sur sa chaîne, accumulés avec les années. Et chacune de ses nouvelles vidéos cumule à peine entre 500 et 1000 vues.

Fabrice est un petit créateur. Il est invisible pour le commun des mortels.

Pourtant ? Fabrice est l’homme le plus heureux du monde. Chaque nouvelle journée est une bénédiction pour lui car il fait ce qu’il aime, dans un endroit qu’il aime, entouré des gens qu’il aime. Il peut passer du temps avec ses enfants, voyager quand il le souhaite. Il n’a pas besoin de plus, il a déjà tout ce dont il peut rêver.

Et des petits créateurs invisibles comme Fabrice, qui vivent leur vie de rêve ?

Il y en a des milliers sur le web.

Ils enseignent le banjo, la couture, la peinture sur verre, le jiu-jitsu brésilien, la culture aquaponique, le modélisme, la cohérence cardiaque, et même les claquettes ! (tu peux chercher, il y a des cours pour tout. Tout ce qui s’apprend s’enseigne).

Est-ce que c’est gens-là sont des célébrités ? Non. Pas pour toi et moi du moins.
Mais ils sont reconnus et adorés dans leur microcosme pour la valeur qu’ils y apportent.

Ils changent des vies. Ils aident des gens à être plus heureux en apportant des réponses à leurs besoins, et des solutions à leurs problèmes.

Les gens comme Fabrice vivent leur version du succès.
Une version qui te correspondrait peut-être bien à toi aussi :

De quoi as-tu besoin pour être heureux finalement ?
De combien d’argent as-tu besoin pour vivre ta vie de rêve à toi ?
15 000€ par mois comme Fabrice ? 20 000 ? 30 000 ?
De combien de clients pense-tu avoir besoin pour ça ?

Le problème, c’est qu’on est biaisé quand on débarque sur le web.
Comme on ne voit pas tous ces petits créateurs invisibles, on considère qu’ils n’existent pas…

… et que le succès, le vrai, ça doit être ce qu’on voit : les gros créateurs, avec des dizaines, des centaines de milliers d’abonnés, et des budgets publicitaires assez astronomiques pour que le web entier voit passer leur tronche.

On pense que gros = mieux. Et ce paradigme ne date pas du web. Depuis le XIXe siècle, la révolution industrielle et l’avènement de la publicité ont créé cette culture de la masse.

Produire plus.
Toucher plus de monde.
Soulever les foules.

En tant que créateur, tu dois comprendre que ce paradigme a trois conséquences :

1. Tu cours après un idéal sur lequel tu n’as pas le contrôle

Chercher à créer un changement (ton rôle d’entrepreneur) dans la vie de dizaines ou de centaines de milliers de personnes, quand tu pars de rien, c’est un poids énorme sur tes épaules.

C’est tentant de vouloir parler à tout le monde. Mais tes chances d’y arriver sont extrêmement minces. Tout le monde… ça représente énormément de gens. Autant de personnes avec des croyances, des visions, des rêves, des priorités, des problèmes différents.

Pour y parvenir, il te faut un alignement d’étoiles parfait. Autrement dit, les compétences et la détermination ne suffisent pas à ce niveau-là : il faut une bonne grosse dose de chance. Beaucoup de paramètres sont hors de ton contrôle.

Par contre, la dose de chance nécessaire pour créer un changement à plus petite échelle (ça ne veut pas dire moins important) chez quelques dizaines ou centaines de personnes est beaucoup plus limitée.

Tu as beaucoup plus de contrôle sur le cours des événements, tu sais sur quels leviers appuyer, tu crées un système prédictible (on en reparlera un peu plus loin).

2. Souvent la réalité de cet idéal est très éloignée de l’idée qu’on s’en fait

Toucher des milliers et des milliers de personnes, ça a un prix. Avant de te lancer vers ce genre d’objectif, assure-toi que c’est un prix que tu as envie de payer.


Est-ce que tu as envie de travailler 12h par jour ?
Est-ce que tu as envie de recevoir des centaines de messages tous les jours que tu ne peux même plus traiter personnellement ?
Est-ce que tu as envie de gérer une équipe ?
Est-ce que tu as envie qu’on voit ta tête partout sur le web ?
Est-ce que tu as envie d’être en compétition permanente avec les gros de ta thématique ?

Autant de questions à te poser et surtout…

… est-ce que tu as vraiment besoin de toucher des dizaines de milliers de personnes pour vivre ta vie de rêve ?

Repense à Fabrice qui n’a que 190 clients… et qui pourrait en avoir même moins s’il vendait des produits plus cher ou plus régulièrement.

Pense-tu réellement avoir besoin de toucher 100 000 personnes pour trouver 190 clients…?

3. Quantité rime rarement avec qualité

Je te cite Seth Godin :

« La poursuite incessante de la masse va te rendre ennuyeux, car masse signifie moyen, masse signifie milieu de la courbe, et ça nécessite de n’offenser personne et de satisfaire tout le monde ».

Les stratégies pour développer une petite audience hyper-ciblée ou une aucience énorme sont très différentes.

Quand tu t’adresses à une petite aucience hyper-ciblée, tu peux rentrer dans la profondeur des sujets, aller plus loin, explorer toutes les nuances de ta thématique….
… mais quand tu parles à la masse, tu te dois de rester en surface, au risque de ne pas intéresser la majorité de ton audience.

D’un côté tu peux (tu dois même) être tranché dans tes prises de position, avoir des idées « hors-norme », polariser…
… de l’autre tu as tout intérêt à être le plus lisse et consensuel possible, ne pas trop t’engager sur des sujets épineux, rester bien dans les clous.

Dans le premier cas tu crées évidemment une connexion beaucoup plus forte avec ta communauté. C’est à eux que tu t’adresses, et seulement à eux. Ils se sentent écoutés, compris, considérés. Tu crées une vraie relation d’humain à humain avec eux…

… chose que tu ne peux évidemment plus faire dans le second cas lorsque tu vises la masse.

Sachant cela, est-ce que c’est nécessairement mal de vouloir créer quelque chose de grand (en taille d’audience)

Pas forcément. C’est juste un choix à faire. Si ça colle à ta vision et à tes aspirations, fonce !

Mais tu ne vas pas te retrouver, ni dans la suite de cette série, ni dans le reste de mon contenu. Ce n’est pas pour toi que je l’écris.

Je l’écris pour des gens qui veulent, comme Fabrice et moi, servir, connecter, et impacter en profondeur un petit groupe de personnes.

Une petite « famille en ligne » qui nous fait confiance, pour qui on se rend indispensable par l’attention qu’on leur porte et la valeur qu’on délivre…

… et qu’on n’a donc pas besoin de « pousser » à acheter nos produits à coup de techniques de manipulation, de promos flashs, ou de compteurs qui clignotent…

… parce qu’ils sont déjà convaincus d’acheter !

Je t’explique ça en détails sur la page d’après.
Un conseil : reste bien attentif. Ce que je vais y partager avec toi est le genre d’idées dont personne ne parle… et qui peuvent pourtant complètement changer tes résultats et le plaisir que tu prends dans ton activité.